LES MOUSSES AQUATIQUES

LES MOUSSES AQUATIQUES

 

 

Autrefois cantonnées par beaucoup d'aquariophiles aux bacs d'élevage où elles fournissaient abri et nourriture aux alevins, les mousses aquatiques ont profité de l'essor des nouvelles tendances aquariophiles que sont la « crevettophilie » et l'aquascaping pour acquérir leurs lettres de noblesse.

 

Ces mousses sont en effet très utilisées dans les bacs des amateurs de crustacés d'une part parce que les crevettes adorent y chercher leur nourriture, d'autre part pour leur facilité de maintenance qui permet d'apporter une touche de verdure sans avoir nécessairement les conditions nécessaires à la pousse d'autres plantes plus exigeantes.

 

 

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Banquet pour Red Cherries.

 

 

 

 

MOUSSES ET AQUASCAPING

 

 

Mais c'est surtout l'aquascaping et plus particulièrement Takashi AMANO et son style « Nature Aquarium » qui ont stimulé l'intérêt pour les mousses. Les créations du Maître japonais ayant inspiré de près ou de loin quasiment tous les aquascapeurs actuels, il devient rare aujourd'hui de voir un bel aquarium paysagé sans au moins une petite touche de mousse. Certains décors sont meme quasiment exclusivement composés de mousses et autres plantes assimilées.

 

 

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Mountainscape by Aquascape

 

 

 

C'est généralement pour leur rendu naturel et sauvage que les mousses sont employées : quoi de mieux qu'une vieille pierre patinée et à demi recouverte de mousse pour donner à un paysage un air ancien, pour donner l'impression que c'est le temps qui passe (et non la main de l'aquascapeur) qui a façonné le paysage aquatique ? Quoi de mieux qu'une mousse fixée le long d'un bout de racine pour évoquer la lente colonisation d'une pièce de bois mort par la végétation ? On s'approche ici du concept japonais du « Wabi-sabi » (également présent dans la culture des bonsaï), évoquant l'esthétique « vieillie », voire détériorée, apportée par le temps, et les modifications qu'il entraîne...

 

 

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En quelques semaines, la mousse a donné un caractère ancestral à ce décor.

 

 

En outre, la tendance en vogue de représentation de paysages terrestres en miniature dans l'aquarium n'a fait que renforcer cet attrait pour les mousses (comme pour la plupart des plantes à petites feuilles, pour une question d' échelle bien entendu). Elles peuvent en effet être utilisées dans ce but de diverses manières. Par exemple fixées sur un hardscape de pierres ou insérées entre ces pierres, elles donneront l'apparence d'une végération poussant à flanc de montagne (on parlera alors de Mountainscape) ou encore attachées en haut d'une racine à la forme bien choisie, elles figureront le feuillage d'un arbre dont la racine serait le tronc, ou enfin simplement bien placées, certaines espèces évoqueront d'elles-même une forêt de pins ou de feuillus.

 

 

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Sur la droite, 3 variétés différentes de mousse figurent différents types d'arbres dans cette forêt à flanc de montagne. (Photo Gary WU – www.cau-aquascape.net)

 

 

 

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Décor rocheux habillé de diverses mousses et Hemianthus callitrichoides "Cuba".

 

 

 

Parallèlement, alors que seule la classique mousse de Java était auparavant disponible, les producteurs ont mis sur le marché ces dernières années quantité de nouvelles variétés : Christmas moss (dont les thalles ressemblent aux branches d'un sapin), Weeping moss (au port retombant évoquant celui d'un saule pleureur), Flame moss (qui au contraire dresse vers le haut ses brins ondulés, etc....

 

 

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Christmas moss (Vesicularia montagnei)

 

 

 

FIXER LES MOUSSES

 

 

Les mousses étant des plantes épiphytes, elles devront (en tout cas si l'on parle d'aquascaping) être fixées sur un support : racines, pierres, petits cailloux posés au sol (notamment morceaux de plaques d'ardoises, ou de pots en terre cuite).

 

La technique traditionnelle pour fixer les mousses est de les attacher à leur support avec du fil de coton ou du fil de pêche fin. Les « mailles » de ce filet devront être assez rapprochées pour que la mousse soit bien plaquée sur le suppport et puisse ainsi s'y fixer d'elle même après un certain temps.

 

Dans certains cas cependant, cette méthode peut s'avérer difficile à mettre en œuvre : si par exemple vous souhaitez ne placer qu'une touffe de mousse sur une grosse pierre, ou ne recouvrir qu'un côté d'une pièce de bois, entortiller totalement le support dans du fil s'avèrera en effet très inesthétique puisque le fil sera alors visible. Une nouvelle technique récemment apparue dans la communauté de l'aquascaping permet de résoudre ce problème : la colle. Une petite touche de colle forte type Super Glue déposée sur le support permet en effet de fixer la plante n'importe où et sur des zones très précisément définies. Contrairement à ce que l'on pourrait craindre, l'expérience a montré que ces colles ne sont nocives ni pour les habitants de l'aquarium, ni pour la plante ainsi fixée.

 

 

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Collage de mousses sur de la Mellow stone à la colle cyanocrylate (type "Super Glue").

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Quelle que soit la technique utilisée, il conviendra après l'installation des mousses de les tailler à ras afin que la base de la touffe recoive suffisamment de lumière pour être saine et s'accrocher rapidement à son support. Par la suite, il est possible de laisser la mousse se développer mais une taille courte de temps en temps permet d'éviter que la base du buisson ne meure par manque de lumière et que l'ensemble ne se décolle et parte à la dérive dans le bac.

 

Citons enfin ce qu'on appelle la « living method », qui consiste à maintenir la mousse à l'aide d'une autre plante placée en dessous. Pour obtenir par exemple un tapis de mousse sur le sol de l'aquarium, on plantera une plante gazonnante comme Echinodorus tenellus, Glossostigma elatinoides ou une variété courte de Lilaeopsis. Une fois cette plante bien installée, il suffira de coincer quelques brins de mousse entre les tiges de la plante gazonnante et la croissance de la mousse fera le reste, colonisant peu à peu tout le sol. Cette méthode peut également être utilisée avec de la Riccia fluitans à la place de la mousse.

 

 

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Tapis de Riccia fluitans sur lit d'Echinodorus tenellus, c'est la « living method ».

 

 

 

UN MUR DE MOUSSE

 

Outre la classique utilisation des mousses fixées sur des racines ou des pierres, on pourra également choisir d'agrémenter les parois de son aquarium d'un mur de mousse. Ceci peut notamment être très utile pour cacher une décantation interne dont la présence colle assez mal avec un paysage aquatique naturel. Il suffira pour cela d'installer un grillage fin (éviter le métal bien entendu), que l'on pourra éventuellement fixer à la paroi du bac par des ventouses. Pour installer la mousse, vous pourrez alors au choix simplement la coincer ça et là dans les mailles du grillage si elles sont assez serrées, l'attacher avec du fil ou encore la placer « en sandwich » entre deux épaisseurs de grillage. Le rendu visuel sera particulièrement réussi avec les mousses à port retombant comme la Weeping moss (Vesicularia ferriei) ou Plagiomnium affine.

 

 

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(Photo Tropica – www.tropica.com/fr)

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